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Pour la santé des joueurs

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L’Observatoire médical, organisé par la FFR et la LNR, va mettre en oeuvre un plan global pour préserver l’intégrité physique des rugbymen.

Après six mois de travaux, l’Observatoire médical, composé d’une cinquantaine de représentants du rugby (joueurs , entraîneurs, arbitres, médecins, clubs, DTN, chercheurs et assureurs), a annoncé hier 45 préconisations pour préserver la santé des joueurs et, selon la formule de Paul Goze, président de la LNR, « continuer à donner envie à des jeunes de pratiquer notre sport ».

Si le nombre des blessures est resté stable ces dernières saisons, celui des commotions cérébrales et des traumatismes crâniens ne cesse d’augmenter (voir chiffres) et a plané sur tous les participants lors de leurs cinq journées de réunion depuis le 19 octobre. Toutes les catégories étaient concernées, de l’école de rugby aux professionnels. « En mettant en oeuvre ce plan global, a résumé Didier Retière, le directeur technique national, nous souhaitons intervenir sur les éducateurs, leur conception du jeu. Chez les enfants, on va introduire des séances sans maul, sans ruck, des ateliers de plaquage, et consigner les blessures. »

Chez les amateurs, le protocole commotion va être étendu ainsi que le carton bleu, qui donne à l’arbitre la possibilité de sortir un joueur commotionné et qui bloque sa licence pendant au moins dix jours, jusqu’à présentation d’un certificat médical de reprise. Chez les jeunes, les protéines en poudre seront interdites pour « faire évoluer les mentalités, souligne Retière. La performance est liée aux compétences, pas besoin d’être sur-bodybuildé ».

Bien sûr, il a beaucoup été question du rugby professionnel où la violence des impacts fait souvent froid dans le dos. Si les modalités restent encore à définir et si certaines mesures ont besoin de l’autorisation de World Rugby (la Fédération internationale), l’idée est de limiter l’accumulation des impacts, eux aussi en forte augmentation. Autoriser des changements illimités, imposer une semaine de régénération après trois ou quatre matches consécutifs, nommer un médecin commotions indépendant lors de chaque rencontre, rendre obligatoires des ateliers techniques (notamment de plaquages car « plus de 50 % des commotions sont dues à une mauvaise position lors du plaquage », explique Bernard Dusfour, responsable médical de la LNR).

Des mises à l’essai avant adoption

L’an passé, après la brutalité des cinq matches de phase finale (où 19 joueurs avaient été touchés à la tête), la Ligue avait annoncé la création d’une commission commotions censée sanctionner les clubs de Top 14 à hauteur de 50 000 euros pour éviter le retour sur le terrain de joueurs commotionnés (ils sont encore plus de 30 %), mais les instances ont finalement décidé d’opter pour une attitude plus pédagogue. « En cas d’incident, une lettre d’avertissement est adressée au club et la sanction n’interviendra qu’en cas de récidive », explique Thierry Hermerel, responsable médical de la FFR.

La plupart des préconisations annoncées hier – qui ne deviendront des mesures qu’après validation par les deux comités directeurs de la Ligue et de la Fédération – seront mises à l’essai pendant une ou deux saisons avant d’être définitivement adoptées.

En chiffres

 

Les principales préconisations

Fractionner le temps de jeu. – Si le joueur joue plus d’un certain temps (on parle de 360 minutes de jeu consécutives, échauffe ment compris), il devra obligatoirement suivre une « semaine de régénération », sans contact. La disposition sera testée lors des deux prochaines saisons. Modifier la règle des remplacements. -Huit remplaçants sur le banc, comme aujourd’hui, mais des changements illimités, chez les pros. Autrement dit, tous les joueurs sortis sur décision du coach pourront revenir sur le terrain pour remplacer un joueur blessé. Aujourd’hui, seuls les joueurs de première ligne le peuvent. La proposition, devra être acceptée par World Rugby.

Nommer un médecin de match indépendant. -La disposition ne sera pas mise en place tout de suite, les médecins (une trentaine) devant d’abord être recrutés et formés. Interdir les protéines en poudre avant l’âge de dix-huit ans.

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